Je suis un être libre, et je vais rester poli.

(ce titre est une citation de Gérard Depardieu, un être qui a sans doute plein de défauts mais dont la lâcheté ne fait certainement pas partie…)

Encore une journaliste au téléphone ce matin.  Toute dynamique, speed, pro. Parisienne.  Et en même temps un peu mielleuse.  Du genre qui pue le piège.  Elle veut qu’on fasse un truc pour M6, machin machin, alors elle adore ce qu’on fait, tout ça.  Et elle veut faire un reportage sur les survivalistes.

Et là je gueule dans le téléphone.

– STOOOOOOP !

Silence de quelques secondes et elle reprend, pensant que j’avais dû gueuler sur quelqu’un d’autre.

– Et donc en faisant des recherches sur Internet j’ai p…

– STOOOOOOOOOOOOOOP !

– C’est à moi que vous parlez comme ça ?

– Oui c’est à vous que je parle comme ça.  Apparemment c’est le seul moyen de vous faire lâcher vos catégories mentales pourries.  J’ai votre attention ?

– Euh…  oui mais c’est pas la peine de…

– STOOOOOOOOOOOOOOP !

Elle a un petit rire gêné.

– Je vous écoute.

– Merci.  Donc je vous arrête tout de suite, je ne suis PAS et je ne serai JAMAIS un survivaliste.  Et même si selon certains j’ai les traits et les caractéristiques pour être considéré comme tel, je REFUSE d’être catalogué de cette manière.  Ou d’une autre, d’ailleurs.  Eventuellement à l’issue de ce coup de téléphone vous aurez le loisir de me catégoriser « gros connard » mais vous ferez ça en privé.

(je dis ça sur un ton rigolard histoire de compenser mes hurlements, hein, chuis humain…).

– Euh il n’est pas question de vous cataloguer monsieur je…

– Je voulais juste faire un sujet sur les survivalistes, c’est ça que vous alliez dire pas vrai ?

– Euh, mais…

– Mais quoi ?

– Donc si je comprends bien vous ne voulez pas nous recevoir ?

– Bah si.  Si vous voulez parler de ce que je fais vraiment, je veux bien mais vu que votre sujet est déjà tout écrit à l’avance et que vous voulez le vendre à une émission bien précise avec une ligne éditoriale de merde, à la limite on s’en fout de qui on met dedans pourvu que ça colle à ce que votre boîte de prod a vendu.  Pas vrai ?

– Mais…

– Mais ?

– Euh…

– Oui voilà.

On a raccroché en se promettant de belles choses, et dans l’attente de pouvoir avoir le plaisir cordial de travailler ensemble, de manière professionnelle pour faire, à travers le 4e pouvoir que représentent fort heureusement les médias, oeuvre citoyenne en renforçant l’estime qu’ont les Français pour leurs institutions :)

Je vais le dire en un mot comme en mille.  J’en ai ras la touffe.  Ras la touffe que des gens — et pas que les journalistes hein !! — se permettent de foutre une étiquette dans le cul des autres sans leur demander leur avis.

Savez quoi ?  En ce qui me concerne,  je préfère quand on m’insulte directement.  Au moins y’a souvent un fond de vrai.  Mais de me faire étiqueter putain…  ça me fout le blues.  Ca me fait perdre espoir dans le genre humain, même.  Ca nique ma foi dans mes congénères.  Et Dieu sait qu’elle est précieuse, cette putain de foi.  Parce que sans ça, je pourrais vite devenir bête et aigri aussi.

Quand je réagis avec colère au fait qu’on me catalogue (de cette manière là ou d’une autre hein, peu importe ça me dresse le poil à chaque fois, même et surtout quand c’est une catégorie « flatteuse »), les gens demandent généralement « pourquoi » ?

PARCE QUE VA TE FAIRE FOUTRE.  VOILA POURQUOI.

On sera potes quand t’auras compris qu’on n’enferme pas les gens qu’on respecte dans des petites boîtes.