L’effondrement mon cul…

Effondrement mon cul
Face à l'usure du système, un petit nombre d'individus porte à bout de bras tout ce que les autres abandonnent... ils sont les 5% qui servent actuellement de filet de sécurité, et qui assureront la transition.

Ouais.  Effondrement mon cul.

Je vais pas me faire des amis hein.   Mais c’est pas comme si j’en avais quelque chose à foutre non plus.  Et donc je persiste.  Effondrement mon cul !!! :)

Commençons notre démonstration par un peu de culture gé.

 

Nos prédictions ont un impact sur la réalité.

Matrix –> la scène où Néo rencontre l’Oracle dans sa cuisine.   Ici en anglais.  Désolé je l’ai pas trouvé en français.

–> http://www.youtube.com/watch?v=kqFPDrDWAHs

– L’oracle : Ne t’inquiète pas pour le vase…

– Néo : Quel vase ? (il se retourne et pète le vase)

– Ce vase là.

– Néo : Désolé !

– L’oracle : Je t’ai dit de ne pas t’inquiéter pour le vase.  Je demanderai à un des gamins de le réparer.  Ce qui va vraiment t’exciter la nouille maintenant c’est « est-ce que tu l’aurais quand-même cassé si je n’avais rien dit » ?

Nos prédictions ont un impact sur la réalité. Et tous ces vautours de l’apocalypse qui nous prédisent un effondrement social, politique, économique ou écologique sont en train de travailler, sciemment ou pas, à le provoquer.  Donc oui.  Effondrement mon cul.

(On serait en droit de se demander dans quel but, pourquoi, que cherchent-ils ?  J’ai quelques pistes de réflexion à ce sujet, mais après on va encore me faire remarquer que je suis cynique et paranoïaque ;))

Nos prédictions ont un impact sur notre comportement.  Et si on prédit des trucs publiquement et collectivement, on a aussi un impact sur le comportement des gens.  Bizarrement, cet impact se fait très souvent dans le sens qui nous donne raison…  Dingue, non ?

Bon.

Maintenant, c’est là que l’esprit humain nous joue un tour.  Un deuxième.  Comme on pense spontanément de manière binaire et symétrique (simple question de perception basée sur le contraste, phénomène neurologique bien connu), vous vous dites « il pense que l’effondrement n’arrivera pas et qu’on n’a pas besoin de s’y préparer »…

Faux aussi.

Je pense que le monde part vraiment en couille.  Mais il part en couille lentement. Il s’use.  Je l’observe au quotidien, dans cet espèce de relâchement global et progressif de la notion de respect des règles qui permettent la vie en groupe.  Je pense que les causes majeures de ce pourrissement de notre civilisation sont complexes, multifactoriels et inextricables.  Je pense aussi qu’il est trop tard pour récupérer la sauce.

(OH MON DIEU ON VA TOUS MOURIR ALORS ???)

Le monde ne va pas s’arrêter.  Les gens vont survivre.  Simplement l’organisation économique, sociale et politique va changer.  Tout ça va changer à un point tel que les mots « économique, social et politique » auront un petit arrière goût d’archaïsme.  Comme quand aujourd’hui on prononce le mot esclavage, droit divin ou conscription.

Le changement de notre civilisation est en cours depuis un moment, déjà.  Et ce changement, comme la chute de l’Empire Romain, est globalement lent.  Il y a des évènements isolés très forts (émeutes par ci, bombe qui pète par là, guerre ici et tireur fou là), sur lesquels les médias insistent lourdement.  Mais globalement, ça meurt tranquillement, avec quelques hocquets et soubresauts.  Et ça mourra comme ça encore pendant plusieurs générations.  Et à l’échelle d’une vie, ça représentera des changements importants, stressants, et parfois pénibles.

C’est l’adaptation collective au changement qui sera la clé de notre survie. Notre manière de comprendre le problème de manière lucide et pragmatique, de réfléchir, de nous organiser et de mettre en place des solutions durables pour rester vivants.  Longtemps et bien si possible…  Et ça se fera en réconciliant les traditions qui fonctionnent avec les outils modernes qui fonctionnent aussi.

Le weekend dernier, on faisait du feu par friction et on filmait ça avec des téléphones haut de gamme.

La vérité c’est que c’est à nous de préparer l’après.  De commencer à poser les pierres de fondation de l’ère humaine qui succèdera à celle-ci.  Et les vautours de l’apocalypse n’y participeront pas.  Ils seront trop occupés à se battre pour les morceaux de viande pourrie de ce monde ci…

Qu’est-ce qu’on sera, collectivement, dans 200 ans ?  Un monde plus juste, ou un monde plus pourri encore qu’aujourd’hui ?

Je vois aujourd’hui que plein de gens sont encore tournés vers le haut.  Ils attendent une solution qui vienne d’en haut.  Ils menacent de voter « extrême ».  Ils abusent du système parce que le système a abusé d’eux.  Ils sont en train de se rendre compte que le système paternaliste où on troquait confortablement de la liberté contre une prise en charge financière et morale arrive à un tournant.  Et les abus de biens sociaux ordinaires sont de plus en plus ordinaires.  Et on n’a plus besoin de faire des choses justifiées.  Il suffit de faire du justifiable.

La solution émergera d’en bas, et elle grandira en cercles.

Aujourd’hui, la triste vérité c’est qu’une minorité de citoyens responsables prend d’ores et déjà le relais d’un Etat Providence de plus en plus pourri.  On voit dans les hopitaux, dans les services de police, dans les crèches, dans les maisons d’accueil diverses, chez les pompiers, au samu, PARTOUT dans le secteur public et parapublic.  On voit des gestions financières complètement pourries et auto-destructrices être contrées par l’effort soutenu, durable et épuisant de gens qui PORTENT A BOUT DE BRAS non seulement les personnes dont ils ont directement la charge et la responsabilité humaine, mais en plus les institutions qui, normalement, devraient être là pour les aider et qui leurs tirent dans les pattes.

Ces gens, ce petit 5% de gens à la volonté de fer et à l’éthique inalterable sont le filet de sécurité de notre société.  Ce sont les mêmes qui hébergent les voisins pendant les inondations, qui se bougent le cul pour faire soigner leur chien plutôt que de le laisser souffrir, qui ne vont pas juste regarder ailleurs en se disant « quelqu’un s’en occupera bien ».  ILS PRENNENT LE MONDE EN CHARGE.

Je reviendrai prochainement sur ces « 5% » (les enragés des statistiques me pardonneront cette approximation qui sert à représenter l’idée de minorité, hein)…  qui sont-ils, comment fonctionnent-ils, leur comportement est-il inné…  et comment devenir l’un des leurs…  ;)

A bientôt ;)

David

 

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1 pensée sur “L’effondrement mon cul…”

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