Un petit coup de nombrilisme pour mettre les choses au clair…

Depuis peu, et de plus en plus souvent, j’ai des échos bizarres, des mecs me posent des questions par mail ou en stage, me demandent si j’ai fait partie des forces spéciales, s’il m’arrive de bosser pour la DGSE, si j’entraîne aussi les militaires, si ceci, si cela. Plusieurs petits mythes commencent ainsi à circuler sur mon compte. Aussi je souhaiterais tout de suite couper l’herbe sous le pied à certains délires, par souci de vérité, et pour éviter qu’on me reproche ensuite d’être un mytho qui se fait passer pour un [insérer ici un truc bien cool].

Je ne sais pas toujours trop qui est David Manise, mais je peux déjà vous dire ce que je ne suis pas.

1 – Le passé militaire, les forces spéciales, et tout le bordel : Ca c’est le truc que j’entends le plus souvent. Plusieurs personnes, apparemment, pensent que je fais ou que j’ai fait partie des forces spéciales canadiennes. C’EST PAS VRAI. D’ailleurs au temps où j’étais là-bas, il n’y avait même pas de forces spéciales au Québec. Pire que ça, je n’ai jamais été incorporé dans l’armée. J’ai eu, pendant un temps au Québec, des potes militaires avec qui on s’est tapé quelques délires, et à qui j’ai montré deux ou trois petits trucs à moi. Et c’est tout. Comme la survie est un domaine qui est utile NOTAMMENT (et pas seulement) aux militaires, il m’arrive depuis quelques temps de donner des stages à des militaires qui viennent me voir à titre personnel, sur leurs fonds propres. Et c’est tout. Je n’ai jamais été dans les forces spéciales. Je n’ai jamais été lié par contrat à une armée, ni en France, ni en Belgique, ni au Canada.

2 – Les services secrets, le renseignement et tout : je ne suis pas un agent secret, je ne bosse pas dans le renseignement, et je ne l’ai jamais fait. Faut arrêter de délirer les mecs. Je suis un civil ordinaire.

3 – Les sociétés militaires privées : je ne bosse ni pour blackwater, ni pour secopex, ni pour aucune structure plus petite de cet ordre. Je ne suis pas un « contractor » ni on formateur de contractor.

Voilà. Comme ça c’est clair ;)

Où et comment est-ce que j’ai été formé, du coup ?

J’ai grandi au fin fond du Québec, près d’une rivière à saumon magnifique et dans la forêt. Nos jeux, quand on était gamins, c’était de faire du feu, construire des abris, couper du bois, pister, goûter des plantes, chasser les écureuils, traverser les bras de rivière pour aller voir de l’autre côté, de dormir dehors sous nos ponchos, nos machettes serrées contre nous parce que nous avions peur des ours — Bref je suis tombé dedans quand j’était petit. Je me marre quand des gens me demandent « quand j’ai appris » un truc. Je réponds parfois par une question simple « et toi, t’as appris quand à faire la vaisselle ? »… Il me semble que j’ai toujours su faire. Evidemment, depuis 2003, moment où j’ai décidé de partager mes connaissances sur la vie sauvage et la survie, j’ai énormément lu et je me suis énormément documenté, de manière à compléter mes connaissances « de terrain » par de solides bases scientifiques, pédagogiques et techniques. Depuis près de trois ans maintenant, grâce à l’aide de Philippe Perotti notamment, j’ai énormément structuré mes cours, et j’ai découvert une forme de pédagogie très épurée qui est à la fois extrêmement efficace et très satisfaisante intellectuellement. C’est donc depuis 2003 que mon approche de la survie a le plus pris forme, mais ça a toujours été en moi, et je pense que ça ne me quittera jamais.

Et la self-défense, là-dedans ? Je tiens ça d’où ?

J’ai commencé les arts martiaux traditionnels pendant mon enfance. Et j’ai commencé à travailler comme videur dans les bars avant même d’avoir eu l’âge légal d’y entrer (16 ans). J’étais déjà et je suis toujours assez costaud pour le job. Mais j’avoue qu’au début j’en ai bien chié. Et j’ai appris sur le tas à faire la différence entre les choses qui fonctionnent au dojo pour marquer des points, et les trucs qui nous sauvent la vie contre des gens plus forts, plus agressifs, plus violents, mieux armés. J’ai ainsi été videur en pointillés, et dans divers bars plus ou moins glauques, pendant près de neuf ans, jusqu’à la fin de mes études universitaires en 2000. J’en ai surtout tiré, à part quelques séquelles et quelques cicatrices, un profond amour pour le dialogue, la non-violence et la paix. J’ai appris à désamorcer. J’ai appris à sourire calmement sans pour autant baisser ma garde. J’ai aussi appris que parfois la seule façon d’en sortir sans bobo est de cogner le premier. En 2005, j’ai eu la chance de rencontrer Jean-Pierre Baron, Patrick Vincent, et un volatile très dense nommé Fred Perrin. Grâce à eux, j’ai pu découvrir toute une autre dimension à la self-défense. Ils m’ont ouvert des portes insoupçonnées, et grâce à eux mon parcours de combattant, que je croyais relativement achevé, s’est ouvert sur des dimensions nouvelles. Et je creuse, je creuse, je creuse. Mes recherches sont nourries, aussi, par des gens qui apportent énormément sans trop compter, comme Serge (bald, clumsy, but certainly no fool), comme Rich Dimitri, comme Sielwolf, comme Rod, comme Eric L, et Eric L, y’a deux Erics L, c’est pas une coquille… Merci à vous tous, les gars. Une nouvelle quête s’est engagée, parallèlement à ma recherche permanente dans le domaine de la survie nature.

Pour certaines personnes qui aiment bien les catégories bien nettes et les choses bien à leur place, ces deux « branches » de mon activité sont contradictoires. Mais elles ne le sont pas. La survie, c’est de savoir prévenir et faire face aux situations menaçantes diverses et variées. Les agressions physiques sont aussi des situations menaçantes, au même titre qu’une nuit froide ou qu’un manque d’eau.

Encore une troisième branche se dessine actuellement dans mon enseignement : le secourisme, que nous avons tendance à beaucoup trop négliger. J’ai recommencé depuis quelques mois à faire des postes de secours avec l’antenne locale de la CRF. J’avais déjà été secouriste bénévole au Québec, et je retrouve avec une joie non dissimulée les mêmes problèmes ici que là-bas : les bénévoles qu’on ne voit jamais, les équipes qui manquent de moyens… mais ce sont de beaux défis. Je repasse en ce moment les diverses formations (puisqu’il n’y a pas d’équivalences avec le Québec), pour devenir formateur en secourisme… ce qui fera une troisième branche à mon bordel.

Voilà.

Désolé pour le trip d’égo… mais je sentais qu’il devenait important de mettre certaines choses au clair sur moi, et sur mon background.

Gardez le sourire (et faites des pompes ;))…

David