Pourquoi au final j’utilise les principes du Crossfit ® ?

Crossfit

Longue intro (en italique), que vous pouvez sans problème sauter  (le contenu commence à « accouche, gros… » ;) ):

Ceux qui me connaissent depuis un peu longtemps savent que la préparation physique est devenue un de mes dadas.  Je hais le sport, mais je me prépare physiquement.  Très différent.  Mes objectifs ne sont pas compétitifs ou sportifs.  Je n’ai absolument aucune envie de me mesurer aux autres.  Je cherche simplement à me préparer, à faire de mon corps un outil efficace, plutôt qu’une contrainte.  Depuis une dizaine d’années j’ai eu différentes « périodes ».

– Olivier Lafay m’a remis sur les rails avec sa méthode.  Grâce à lui j’ai pu, avec peu de moyens financiers, me refaire une condition physique surprenante.

– la découverte des Kettlebells a été une révélation supplémentaire, et j’ai intégré très vite le travail aux KB à ma méthode…

– quelques années plus tard j’ai découvert le travail de Scott Sonnon, notamment le flow fit et ses méthodes de récupération, qui m’ont permis d’approfondir mes connaissances et mon travail sur les chaînes musculaires, en utilisant des mouvements complexes et la quadrupédie, notamment…  

– le travail « interne » (tai-chi, chi-kung, etc.) avec un professeur digne de ce nom m’a aussi fait énormément progresser dans ma compréhension du corps et notamment dans l’importance fondamentale de l’alignement et de la détente…  

Bref, je pensais avoir un peu fait le tour, et être bien équipé pour travailler à me préparer physiquement et mentalement.  Puis j’ai vu une vidéo sur youtube avec dedans une petite nana de 55kg qui faisait un soulevé de terre avec quasiment deux fois son poids.  Puis une autre où on voyait des mecs de 100kg courir des kilomètres.  Puis de fil en aiguille je me suis renseigné et j’ai appris que tous ces trucs avaient un nom.  Et que ça s’appelait le Crossfit.

Alors j’avoue, j’ai été considérablement rebuté par le côté commercial de la chose.  Je n’avais jamais vu autant de logos « reebok » à la seconde.  Je n’avais jamais autant eu l’impression d’être à la rencontre entre une grosse fête publicitaire à l’américaine et…  et ma foi quelque chose d’intelligent en dessous.

Alors j’ai creusé.  Et j’ai testé.  Et j’ai adopté.   

Pas le showbiz, le lycra néon et les « Games ».  Non.  Ca, ça me gonfle prodigieusement.  Et il est hors de question que je commence à me comporter comme tous ces « crétins fluorescents » (Alain, je te verse tes royalties aux Îles Caïman comme d’habe ? ;).  Mais beaucoup de choses, objectivement, FONCTIONNENT dans les principes du Crossfit.  Et avec bientôt 15 ans de recul, et des millions d’athlètes et de pratiquants dans le monde entier, je pense qu’on commence à cerner le truc correctement.  

Alors, accouche, gros.  Qu’est-ce qui te plaît tant là-dedans ?

C’est efficient.  Pour être clair, ça marche pour moi.  Et avec peu de temps investi, j’obtiens des résultats inespérés.  C’est ça, au fond, qui reste le critère premier pour moi.  J’arrive à atteindre mes objectifs de manière mesurable avec un investissement (en temps, énergie et pognon) que je suis prêt à faire.

Les entraînements sont courts.  Un « WOD » complet inclut un petit échauffement, un peu de travail de mobilité, typiquement un peu de travail technique (apprentissage d’un mouvement, travail d’équilibre, etc.), du travail de force (soit via l’haltérophilie, les kettlebells ou le poids de corps : dips, tractions, pompes, muscle-ups, etc.)…  et le « met-con » (conditionnement métabolique), où on se met vraiment dans le rouge.   Tout ça permet de chauffer le corps progressivement.  Ca permet de faire le qualitatif avant de bourriner.  C’est juste logique…  et on progresse vite et beaucoup.

Les entraînements sont intenses.  Mais alors vraiment intenses.  Miko Sallo, un des top mondiaux des « Games », disait « ça ne devient jamais moins dur…  avec le temps tu le fais juste plus vite ».  Les « met-cons » sont une véritable torture.  Il faut vraiment aller puiser dans la gniaque.  Il faut vraiment se pousser.  Mais quand c’est fait intelligemment ça permet de vraiment progresser de manière efficiente.

Les entraînements sont variés.  On ne fait jamais deux fois la même chose.  Et la torture subie au met-con du lundi n’aura généralement rien à voir, à part l’intensité, avec celle du mardi ou du jeudi.  C’est ce qui permet de rester dans la haute intensité sans surentraînement.  C’est (avec la technique et un bon coaching) ce qui évite de se blesser…  et surtout c’est ce qui permet de progresser aussi vite et aussi régulièrement : le corps ne s’habitue jamais.  Il est sans arrêt surpris et contrarié dans ses habitudes, et il doit d’adapter en permanence.

Les progrès sont objectivement mesurables.  On peut noter ses records personnels aux mouvements, ou autre.  Mais surtout, toutes les box ont un tableau.  Et sur le tableau, il y a les résultats de tous pour le WOD du jour.  Et là on voit qu’au début, on arrive là en se croyant déjà pas trop mal en forme, et on prend une claque.  On se rend compte qu’on manque de mobilité, qu’on n’est pas si fort, et que le cardio laisse vachement à désirer par rapport…  à tous les gens de la salle ou presque !  Et puis après seulement deux ou trois mois on apprend les mouvements, on bosse la mobilité, on se met dans le rouge avec les autres, et on progresse très rapidement.  Et on se retrouve à gratter des places dans le classement du jour, à ne plus être le dernier.  A encourager ceux qui finissent les met-cons après nous…  parce qu’on sait à quel point c’est dur plus longtemps pour les dernier.

J’aime l’esprit qui règne dans les « box » (salles de Crossfit).  Justement, le dernier à finir un metcon est encouragé PLUS fort que le premier.  On rigole.  On échange.  C’est « open source ».  Tout le monde peut se mesurer aux meilleurs mondiaux via les « open ».  Ca circule, et c’est intelligent.  Je n’aime pas le côté marketing / Reebok / conso.  Mais heureusement ce dernier n’est absolument pas indispensable et j’ai été parfaitement bien accueilli malgré mes vieux treillis coupés aux genoux et ma tronche de porte bonheur.  Bref, on est tous dans la même galère, on en chie tous, et tout le monde trouve sa place.  Et ça c’est super sain.

C’est ludique.  On se marre.  On joue.  On se met en échec sans que ça soit grave.  On a le droit d’échouer.  C’est même normal…  et ça permet de se décomplexer très vite, et d’éviter les délires d’égo à deux balles.  Ceux qui se prennent trop au sérieux sont vite mal à l’aise dans ce genre d’environnement où absolument tout le monde trouve sa limite tous les jours ;)  Le côté ludique est sympa, mais il est aussi UTILE.  Il permet à notre cerveau d’être à l’aise pour apprendre, intégrer, progresser.  En se sentant en confiance, on crée les conditions qui permettent une réelle évolution de toute la personne, pas juste des biceps ou du myocarde.

C’est « open source ».  La communauté « Crossfit » comprend comment notre corps fonctionne…  et les idées circulent, s’échangent librement.  Un mec comme Kelly Starrett, qui a poussé le travail de mobilité et d’auto-entretien du corps très très loin diffuse gratuitement des vidéos et des « mobility wods » où il explique comment décoincer une épaule ou rétablir la mobilité d’une hanche…  et à quoi ça sert, et comment, pour éviter de se blesser sur tel ou tel mouvement.  Bref, au lieu de faire de la rétention d’information à la con, les gens transmettent et permettent à tous de comprendre comment leur corps fonctionne, et comment l’entretenir, tout en prévenant les blessures.

C’est rationnel.  Y’a pas de magie.  Y’a pas de blabla.  Y’a pas de branlette ésotérique.  On comprend la mécanique, on comprend les principes.  On les utilise ou pas.  Et ça fonctionne ou pas.  Bref, le Crossfit est un truc mesurable, falsifiable, évolutif, reproductible…  et tout est plus ou moins « peer reviewed » via la communauté locale ET les échanges sur Internet.

Les principes sont applicables avec tout plein d’objets.  Le Crossfit des débuts était d’ailleurs BEAUCOUP plus bricolé et bariolé que ce qu’on trouve maintenant, et surtout depuis les « Games » qui ont quelque peu sclérosé les exercices et normé les choses, pour que les gens puissent se comparer entre eux.  Le bon côté c’est que si, comme moi, on s’en tape le cul de faire « Angie » plus vite que Rich Froning un jour, on peut appliquer les principes qui font que le Crossfit fonctionne avec n’importe quel type d’objets ou de résistances.  D’ailleurs ça a été vachement utilisé par les militaires US en déplacement depuis le tout début…  et les mecs faisaient souvent ça avec ce qu’ils avaient sous la main : trains arrières de voitures, parpaings, chaînes, pneus…  On peut se mettre dans le rouge avec des trucs qui n’ont pas de logo dessus, hein.  Ca marche aussi ;)

Alors évidemment, y’a des « contre ».

Ca coûte plus cher que le poids de corps à la maison.  Eh oui.  Même s’il existe plein de met-cons qui se font uniquement au poids de corps (d’ailleurs j’utilise régulièrement, chez moi, le bouquin d’un certain « Guillaume H. » : CrossOps, qui est un recueil de cela)…  je recommande vivement de commencer le Crossfit dans une box digne de ce nom.  3-6 mois me semble être un minimum absolu pour bien intégrer les mouvements, et avoir un feedback utile sur sa technique, sa mobilité, etc.  Après, on peut éventuellement bosser chez soi avec du matériel de récupération (je me suis fait mon petit coin dans la forêt avec un gros pneu, une corde de bateau, une masse, quelques kettlebells, une barre de traction et des anneaux pour un investissement total de moins de 300 euros, dont 250 de kettlebells)… ou carrément se payer le kit crossfit complet et se faire sa box à la maison si on a du pognon.  Mais à choisir je préfère de loin bosser dans une box.  Et oui, même moi qui suis un vieil ours qui aime bien suer tranquille chez lui.

Y’a pas de box dans tous les petits villages mignons où j’ai envie de vivre.  Là, après avoir quitté Avignon (je m’entraînais à Lubéron Sport Crossfit à côté de l’Isle-sur-la-Sorgue, vivement recommandé), je me retrouve à vadrouiller dans des coins montagneux où les box sont rares…  mais bon.  Vivre c’est choisir, choisis c’est renoncer…  et j’ai appris suffisamment pour bosser un peu tout seul avec les principes acquis.

C’est assez addictif.  Quand on se retrouve à visiter des monuments historiques et à lorgner sur les boulets de pierre taillée de 100kg et à avoir envie de les piquer pour s’entraîner avec, on se rend compte qu’on a un problème :)

On passe pour un allumé quand on va chez le vendeur de matériel agricole pour lui taxer des pneus de 200kg…  Ceci dit comme ils doivent payer pour les faire enlever, ils sont plutôt contents de les donner gratuitement ;)

On fait chier tout le monde avec ça.  Et c’est là un piège qu’il faut vraiment éviter, je crois : c’est pas parce que ça fonctionne pour nos objectifs à nous que tout le monde a envie d’être un athlète super polyvalent, fort, endurant, souple et agile, avec un rapport puissance / poids inégalé et des tablettes de chocolat ;)

 

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