Quelques trucs que j’ai appris en 10 ans à enseigner la survie…

Il faut s’adapter. Vite. Sinon on souffre.  Sinon on meurt.  Ca implique de percevoir le monde tel qu’il est, et pas tel qu’on voudrait qu’il soit.  Pleurnicher ne change pas la météo.  Râler ne change rien au climat social.  Chouiner n’attendrit pas l’institution.  L’univers n’est pas sensible à nos caprices.  Attention : s‘adapter ne veut pas dire souffrir en silence.  S’adapter veut dire structurer ses actes pour pouvoir atteindre ses objectifs dans le contexte.  Tel qu’il est.

Anticiper.  Plus.  La manière la plus rapide de s’adapter reste de s’adapter avant que le contexte ne change.  Ca s’appelle anticiper.  Ca nécessite une prise d’infos et un peu de réflexion.  Et ca implique de l’incertitude (parfois on se trompe), un investissement d’énergie mesuré, et une capacité à changer de plan en permanence.

Notre capacité à décider de poser des actes pertinents est un truc qui fluctue fortement en fonction de notre état. Sous stress, quand on a froid, quand on est fatigués, quand on en a ras le bol, nous acquérons une inertie mentale phénoménale.  Si on ne bouge pas, il sera très difficile de se mettre en marche.  Si on est lancés, ça sera sur un rail et il sera difficile de changer de cap ou de freiner.  L’inertie mentale nuit fortement à notre capacité d’adaptation, évidemment.  Le tout est de le reconnaître, de l’anticiper, de le savoir, d’en tenir compte…  et de savoir faire un gros effort au bon moment  pour en sortir et initier un cercle vertueux.

Facta non verba.  Les mots c’est de la merde.  Les gens retiennent peut-être à 10% ce qu’on dit, et imitent à 90% ce qu’on est et ce qu’on fait.  Ils referont ce qu’ils ont déjà fait (les habitudes sont collantes).  Ils retiendront et comprendront ce qu’ils ont fait.  Ils réfléchiront, éventuellement, sur la base de ce qu’ils ont fait.  Les mots ne servent pas à grand chose, sauf à attirer l’attention et à justifier l’action qui suivra.  Les gens suivent nos pieds, pas nos index.  Les gens prennent exemple…  et quand les mots contredisent les gestes, ils retiennent le geste.

La tête et les couilles.  Ou les ovaires, bien sûr.  De l’intelligence et du courage.  La gniaque, mais aussi la conscience de ses limites.  L’attitude « marche ou crève » n’est utile que quand on marche dans la bonne direction.  Et un con qui marche ira toujours plus loin qu’un intellectuel assis, pour paraphraser Audiard.  Il faut trouver le chemin le plus facile.  Et s’il n’y en a pas de facile, il faut en trouver un possible.  Et s’il n’y en a aucun de possible, il faut trouver un moyen pour que ça soit possible quand même.  Find a way.

Quelque chose nous pousse à nous compliquer la vie. On se crée des problèmes.  On ne s’autorise pas à utiliser des solutions vraiment efficaces lorsqu’elles sont en dehors des clous, de la normalité, de nos habitudes.  Pression sociale ?  Conditionnement à rester dans le droit chemin, fût il imaginaire ?  Peur de la sanction ?  Education castratrice ?  Sans doute un peu de tout ça.  Mais le fait est que souvent des solutions simples et d’une cruelle efficacité existent, et même en le sachant il arrive qu’on décide de ne pas les apppliquer.  Je cherche encore, y compris pour moi-même, à bien comprendre comment tout ça opère.

Moins mais mieux.  C’est valable pour absolument tout.  St-Exupéry disait que la perfection est atteinte non pas quand il n’y a plus rien à ajouter, mais bien quand il n’y a plus rien à retirer.  On dit aussi que la simplicité est la sophistication suprême…  La simplicité vient avec la pratique, avec le temps, avec l’expérience.  Et plus les outils, techniques, mots, plans de cours, gestes, systèmes sont simples, et mieux ils fonctionneront en contexte dégradé, plus ils seront faciles à réparer, produire, remplacer, bricoler, plus ils seront efficients…  Les fioritures, c’est de la merde coûteuse et lourde qui ne sert à rien.

Les civilisations se font et se défont sur la base de l’attachement au confort. Rome a piqué du nez et a été remplacée par tout un tas de peuples rustiques et ancrés dans le concret a partir du moment où le gros de ses citoyens a commencé à prioriser son confort, et à négliger sa survie à long terme.  La civilisation occidentale est en train de suivre exactement le même chemin, sauf si nous arrivons à retrouver le contact avec le plancher des vaches.  Le confort est un formidable indicateur du fait que nos besoins primordiaux sont satisfaits.  Et on doit le rechercher.  Mais il faut aussi savoir en sortir si c’est nécessaire pour assurer ces mêmes besoins dans la durée.  L’aimer oui.  Y être attaché, non.  En être esclave encore moins.  Aucune liberté réelle n’est possible quand on est ligoté par sa propre envie d’être bien et d’en profiter.  Et ceux qui couineront en me disant qu’ils le choisissent, et donc qu’ils sont libres, et ils seront nombreux, pourront se regarder dans la glace et voir en quoi ce discours diffère de celui de ceux qui ont des problèmes d’addiction.

En ce moment même, dans le monde, des milliards de personnes boivent quotidiennement de l’eau qui vous rendrait gravement malade pendant des semaines.  Wake the fuck up.

To be continued…  ;)

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2 pensées sur “Quelques trucs que j’ai appris en 10 ans à enseigner la survie…”

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